La condamnation claire et nette des théories conciliaires n'est pas sans importance, bien au contraire, elle signifie d'abord que l'Eglise est bien plus qu'une institution gouvernée par des hommes au service des hommes, elle est signe de Dieu sur terre, elle est sacrement, lumière des nations (lumen gentium) pour reprendre une expression du Concile Vatican II. Mettre le gouvernement de l'Eglise entre les mains d'un groupe d'hommes (ici les évêques) qui, pour exercer ce pouvoir, se réuniraient en assemblée fait certes penser à une démocratie, mais, cela n'a pas été la volonté de Jésus, qui a nommé, 'unilatéralement', Pierre comme chef de l'Eglise. Par là, il faut comprendre que même si l'Eglise est faite d'hommes et que ceux-ci ont leurs responsabilités dans l'Eglise, il n'en reste pas moins que le chef c'est le Christ ; le pape, en fait, ne signifie pas autre chose que ce rappel :
"le gouvernement ultime de l'Eglise n'appartient pas aux hommes, mais à un pouvoir extérieur et supérieur, celui de son chef le Seigneur ressuscité qui siège à la droite du Père, pouvoir du Christ signifié et représenté par le pape".
Plus concrètement, cette décision du Concile est un encouragement à ne pas suivre automatiquement l'opinion dominante, c'est comme un avertissement : les opinions majoritairement acceptées ne sont pas forcément la vérité, telle qu'elle nous a été révélée par le Christ. Cela peut impliquer que nous ayons parfois à 'ramer à contre courant' du fait de notre foi, mais, n'est-ce pas en partie ce que le Christ entendait par
Celui qui veut me suivre, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ?
Une autre leçon à tirer de tout ceci c'est qu'il ne faut jamais oublier qu'il doit toujours y avoir une dimension verticale dans nos activités humaines, à l'image du Pape qui rappelle aux évêques en assemblée qu'il y a quelqu'un au-dessus de nos décisions humaines, fussent-elles prises ensemble.