LIENS VERS D'AUTRES RESUMES DE CONCILE :(Pour l'époque et les thèmes des conciles, cliquez ici)
I) Concile de Nicée
II) Concile de Constantinople
III) Conciled'Ephèse
IV) Concile de Chalcédoine
V) Concile de Constantinople II
VI) Concile de Constantinople III
VII) Concile de Nicée II
VIII) Concile de Constantinople IV
IX) Concile de Constance
X) Concile de Bâle-Ferrare-Florence
XI) Concile de Latran V
XII) Concile de Trente
XIII) Concile de Vatican I
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I) LE CONTEXTE HISTORIQUE :
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1) Les raisons du Concile : Jules II convoque ce concile pour enfin résoudre la crise liée aux théories conciliaires qui trouvèrent leur origine dans le Grand Schisme d'Occident. Cette crise avait même entraîné la convocation des deux conciles précédents : le Concile de Constance et le Concile de Bâle-Ferrare-Florence-Rome (voir liens ci-contre). Mais aucun des 2 n'avait véritablement réussi à résoudre le problème de façon satisfaisante. Le Concile de Constance était allé jusqu'à soutenir et développer ces thèses.
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Après la mort de Jules II, Léon X profite de ce concile pour y faire approuver le concordat qu'il avait signé avec François 1er. Par ce document, il met fin aux guerres françaises en Italie, et, rétablit un certain équilibre en faveur de la papauté suite à la crise qui s'était développée entre la France et la papauté avec l'adoption de la Pragmatique Sanction par Charles VII (règne de 1422 à 1461).
2) Le Concile : une occasion manquée :
Ni Jules II, ni Léon X n'ont su ou voulu saisir l'occasion qui leur était donnée par ce Concile d'entreprendre les réformes nécessaires, elles étaient pourtant vitales au vu des graves crises que l'Eglise avait traversées (schisme d'occident, théories conciliaires, etc...). Au lieu de cela, Léon X se lança dans une politique de grands travaux (réfection de la basilique St Pierre, notamment), ce qui l'obligea à recourir d'une manière excessive aux indulgences pour les financer.
Cette politique devait conduire, la même année, à la publication des Thèses de Luther, véritable point de départ de la réforme protestante. |
II) LES DECISIONS IMPORTANTES DU CONCILE :
Condamnation officielle et catégorique des théories conciliaires.
Approbation du concordat signé par Léon X et François 1er.
III) PISTES DE MEDITATION DANS LE CADRE DE L'OFFICE DES COMPLIES:
Avec le concordat signé par le pape Léon X, l'Eglise universelle de Rome reprend un droit de regard sur la conduite de l'Eglise en France. Rien que de plus normal, l'Eglise, en effet, se doit d'être affranchie de toute tutelle temporelle politique, elle est au service du Christ, qui a dit mon royaume n'est pas de ce monde. Il est donc normal qu'aucune Eglise locale ou nationale ne soit sous l'autorité d'une puissance temporelle. La papauté est la garante de cette indépendance au service du spirituel, même s'il a fallu des siècles pour que cela soit compris et accepté par les papes eux-mêmes. En fait, couper une église de Rome, c'est lui enlever son caractère catholique ('catholique', soit dit en passant, veut dire : 'universel').
Il est donc très important de garantir à toutes les églises nationales leur caractère indépendant et universel. Qui peut mieux le faire que le successeur de St Pierre, chef de l'Eglise universelle, nommé par le Christ lui-même ? Sinon, l'Eglise de tel ou tel pays ne serait qu'un relais politique d'un état dont les préoccupations sont loin d'être celles du Christ.
Dans notre vie de tous les jours, c'est un rappel que, à l'image de l'Eglise institution, nous devons être indépendants de toute pression qui serait contraire à notre vocation. Nos valeurs ne doivent pas d'abord se construire par rapport à des opinions politiques ou du monde, mais bien par rapport aux valeurs évangéliques défendues par l'Eglise et son Magistère.
La condamnation claire et nette des théories conciliaires n'est pas sans importance, bien au contraire, elle signifie d'abord que l'Eglise est bien plus qu'une institution gouvernée par des hommes au service des hommes, elle est signe de Dieu sur terre, elle est sacrement, lumière des nations (lumen gentium) pour reprendre une expression du Concile Vatican II. Mettre le gouvernement de l'Eglise entre les mains d'un groupe d'hommes (ici les évêques) qui, pour exercer ce pouvoir, se réuniraient en assemblée fait certes penser à une démocratie, mais, cela n'a pas été la volonté de Jésus, qui a nommé, 'unilatéralement', Pierre comme chef de l'Eglise. Par là, il faut comprendre que même si l'Eglise est faite d'hommes et que ceux-ci ont leurs responsabilités dans l'Eglise, il n'en reste pas moins que le chef c'est le Christ ; le pape, en fait, ne signifie pas autre chose que ce rappel : "le gouvernement ultime de l'Eglise n'appartient pas aux hommes, mais à un pouvoir extérieur et supérieur, celui de son chef le Seigneur ressuscité qui siège à la droite du Père, pouvoir du Christ signifié et représenté par le pape".
Plus concrètement, cette décision du Concile est un encouragement à ne pas suivre automatiquement l'opinion dominante, c'est comme un avertissement : les opinions majoritairement acceptées ne sont pas forcément la vérité, telle qu'elle nous a été révélée par le Christ. Cela peut impliquer que nous ayons parfois à 'ramer à contre courant' du fait de notre foi, mais, n'est-ce pas en partie ce que le Christ entendait par Celui qui veut me suivre, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ?
Une autre leçon à tirer de tout ceci c'est qu'il ne faut jamais oublier qu'il doit toujours y avoir une dimension verticale dans nos activités humaines, à l'image du Pape qui rappelle aux évêques en assemblée qu'il y a quelqu'un au-dessus de nos décisions humaines, fussent-elles prises ensemble.
Si vous voulez un résumé beaucoup plus complet du Concile de Latran V, notamment pour ce qui est de ses décisions, de ses décrets et de son déroulement → cliquez ici.
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